Alors, cette suite. Dites-moi toujours ce que vous en pensez, car j'angoisse un peu à l'idée que ça ne vous plaise pas.
_________________________
Un regard circulaire sur la pièce lui indiqua qu'elle était bel et bien vide. Dans un soupir de soulagement, il se laissa tomber sur le fauteuil, les talons de ses haut-de-chausses heurtant le sol en pierre. Il savait pertinemment que dans ses appartements, une jeune fille se réveillait, désorientée. Et ça lui était bien égal. D'une main, il attrapa une pomme couleur grenat, et la frotta négligemment contre sa rhingrave, le regard dans le vague. Il la croqua, passant le dos de sa main sur ses lèvres, en ôtant le jus, observant les jardins, d'une symétrie parfaite, qui s'étendaient derrière les fenêtres.
D'un air absent, il entortilla une mèche de ses cheveux autour de son annulaire, se demandant à quoi il allait bien pouvoir passer sa journée. La chasse ne le tentait point, le ciel semblait être trop couvert pour cela. Aucun autre divertissement ne le tentait d'ailleurs, s'associant à une forme de misonéisme de la Cour. Contrairement à ce que l'on aurait pût croire, pour un prince, il n'était pas si occupé que ça. La reine sa mère et le régent prenaient soin de se charger de toutes les affaires politiques, l'en tenant soigneusement à l'écart. A cette pensée, sa bouche se crispa dans un rictus qui pourrait paraître hostile. Une image, voilà ce qu'il était supposé représenter. Une image, jusqu'à sa majorité au moins.
Un claquement de porte le tira de sa rêverie. Il se redressa, posa le trognon dans une assiette, et tâcha de se donner contenance, tirant sur le bas de son pourpoint.
Un reflet dans le miroir qui lui faisait face lui indiqua que le visiteur était l'un de ses valets, tenant un papier plié en trois et cacheté dans la main. Il pirouetta, et tendit la main, la tête haute, avant d'attendre que le valet se retire pour reporter son attention sur le billet. La première chose qui le frappa fût l'absence de sceau. La cire rouille avait un enfoncement, visible, mais fait par un cachet à la surface lisse.
D'un geste méfiant, il rompit l'estampille, et déplia la feuille. Ses yeux coururent avec une rapidité inquiète sur les trois lignes, s'écarquillant au fur et à mesure. Puis, la lettre tomba avec un doux bruissement par terre, tandis qu'il se laissait choir dans le fauteuil.
[...]
La porte grinça, et quelques pas lourds firent craquer le parquet usé et empoussiéré. Ils s'arrêtèrent un peu plus loin et le nouveau venu s'installa sur une siège près du comptoir, parcourant le local enfumé des yeux, tapant nerveusement du plat de sa main fine et fatiguée. Ses yeux gris, cernés et enfoncés profondément dans leurs orbites, dévisagèrent tour à tour les visages des clients, et un sourire ironique se dessina sur les lèvres, un de ceux que les hommes qui ont vécu et vu seulement peuvent se permettre.
Quelques minutes après, la porte claqua de nouveau. D'un simple échange de regard, les deux inconnus se concertèrent. L'arrivant fit mine d'hésiter, puis avança jusqu'à la table déjà occupée. Il s'assit, repliant les pans de son long marteau, rabattant sa capuche sur ses épaules, dévoilant des cheveux longs et grisonnants. D'un regard sec, il fit reculer le garçon qui s'avançait, et une fois s'étant assuré de ne point pouvoir être entendu, il se tourna vers son voisin.
- La missive ?
- Envoyée. Et a sans doute produit l'effet escompté.
Le sourire ironique se transforma en sourire satisfait, mal dissimulé par les boucles grises qui tombaient sur ses épaules.
- Notre prisonnier ?
- Au fort. Gardé au même titre que les autres. La plus grand difficulté n'est pas de s'y introduire, mais d'en sortir. Mais pour cela aussi j'ai un dessein.
[...]
La clef tinta dans la serrure avec un bruit épais, qui se répercuta en écho dans les couloirs humides et sombres, éveillant le jeune homme endormit. Celui-ci se redressa sur sa couche rigide et cligna des yeux dans la pénombre. Une deuxième grille s'ouvrit, plus près cette fois, et bientôt vint le tour de sa porte. Un plateau fût glissé par terre, et l'huis se referma précipitamment. Le détenu soupira lourdement, et se leva, se mettant à croupetons au dessus du plat. Il prit le morceau de pain, et le rompit de ses deux mains.
C'est seulement lorsque la mie toucha ses lèvres qu'il sentit quelque chose qui ne ressemblait certainement pas à ce que cela aurait dû être... Précautionneusement, les mains légèrement tremblantes, il attrapa un morceau de papier, et le retira, le laissant tomber fébrilement sur le sol.
_________________________
Voilà, je suppose que c'est tout xD. Merci pour tous ces commentaires, pas mal en si peu de temps.
Chapitre donc principalement organisé autour d'un plan et de lettres. Ahum. Merci Louis pour ton idée involontaire xD [Pas XIV hein --']
La suite ? Vous savez quoi faire =''3.
Bisous <3
Aurore > Ahum, oui, chacun son avis xD. Nan c'est pas de la fausse modestie V_V''. Les deux hommes à la taverne U.U Bah c'est deux mecs tout gentils xD Qu'on des rôles très importants pour l'évolution de départ, mais moins grand par la suite, qui travaillent pour leur propre intérêt et celui du pays [France ? Ahum xD].
Le misonéisme c'est en quelque sorte le rejet de tout ce qui est nouveau et la rhingrave c'est les bas masculins à la Cour pendant la première partie du règne de notre cher Louis XIV [J'ai passe des heures à me documenter xD. J'ai fait une overdose de tout ce qui est de cette époque TwT''].
Wow, merci ** xD Bonne chance pour ton bac U.U. Et sincèrement merci pour une analyse plus détaillée et un point de vue objectif et clair **. Bayooux <3
> Possibilité qu'une suite apparaisse ce soir. Alors je vous propose de commentariser pendant que j'écris ?
> Disons 20 commentaires ?
> Okaaay. Je le prends comment ?
Aurore > Nan j'suis ni méchante ni énervée à ce point ='3